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« Peindre… c’est ce qui importe. Trouver
dans la distance qui sépare la vie de la toile ce supplément d’âme
qui interpelle. Ne pas aller jusqu’au bout, s’arrêter en chemin
là où l’on a décidé d’observer une pause et puis s’en aller...
Le peintre a cherché à donner à l’image une vie
qui lui est propre. Il lui a insufflé son énergie première, cathartique.
C’est un moutonnement de collines avec la mer au fond, des vagues,
des ciels, des femmes, des bêtes, des arbres… C’est alors que tout
advient. Les formes, les couleurs… Le travail de l’artiste. L’image
initiale accouche d’une autre formulation plastique qui prend acte
de la réflexion sur l’image. Les bordures mettent à distance, le
premier plan est comme le seuil de l’atelier du peintre, là où trainent
des morceaux de papier, des projections, des ébauches. La « cosa
mentale » est là, on peut la voir, on peut la toucher aussi, tant
l’esprit est proche de la matière!
L’Image est au service d’un jeu mystérieux qui
tient de l’amour et du combat. Si le tableau fonctionne, si l’on
sent l’énergie, la méditation et s’il existe un mystère que l’on
ne saurait formuler avec des mots mais qui est là quelque part,
on le sait, on le sent, alors c’est que la partie est gagnée!
» Jean-François CARLE
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